La Bataille de Hohenlinden

03/03/2021

Alors que Napoléon, à ce moment là premier consul, avait vaincu les autrichiens à Marengo six mois auparavant, le 14 Juin 1800, le général Jean Moreau défait les autrichiens à Hohenlinden le 12 Frimaire de l'An IX ( 3 décembre 1800 ).  C'est par cette dernière bataille que l'Autriche capitule, menant au traité de Lunéville.

En 1800, l'Autriche et la France repartent en guerre. Napoléon, sachant que le plus gros des combats et surtout les plus importants auront lieu en Italie, il décide d'y aller en personne. Mais ne négligeant pas la frontière germanique, il délègue une armée d'environ 57 000 hommes dirigée par le général Moreau. Cette dernière s'engouffre en Bavière au printemps 1800, réussissant à vaincre les autrichiens à plusieurs reprises dans plusieurs petits combats. Voyant les français s'approcher dangereusement de Vienne, le général de l'armée autrichienne,  Pál Kray, demande un armistice à Moreau en Juillet. Alors en manque de ravitaillement, et surtout de munitions, Moreau accepte et l'armistice est signé à Parsdorf le 15 Juillet. Dès lors, des dissensions vont apparaître dans les négociations, menant fatalement à la reprise des hostilités en Allemagne.

L'armée française reprend donc son avancée. Et alors que Munich est menacé, Kray est relevé de ses fonctions et remplacé par l'Archiduc Jean. Ce dernier défait deux divisions françaises du général Grenier à la bataille d'Ampfing. Malgré cette victoire, les français se retirent en bon ordre, et les autrichiens accusent de nombreuses pertes, 3070, contre 1707 pour les français. Pensant avoir asséné un grand coup à l'armée de Moreau qui serait en train de  battre en retraite, les autrichiens poursuivent les français. La fin de l'année se fait sentir, et le terrain boisé et vallonné ralentit la progression des autrichiens, leur faisant perdre du temps. Un temps précieux pour le général Moreau qui ne bat pas en retraite mais qui s'installe à environ une trentaine de kilomètres à l'est de Munich, dans le petit bois d'Hohenlinden.

Colonnes autrichiennes ( de gauche à droite ) : Kienmayer, Baillet-Latour, Kolowrath et Riesch ( à l'extrême droite )
Colonnes autrichiennes ( de gauche à droite ) : Kienmayer, Baillet-Latour, Kolowrath et Riesch ( à l'extrême droite )

Le 3 décembre, les autrichiens avancent à travers le bois en quatre colonnes distinctes, séparées. Sur leur flanc gauche, le général Riesch avance avec une colonne de 13 300 hommes en direction du village de Saint-Christophe. Sur le centre-gauche, c'est Kolowrath accompagné de l'archiduc qui marche sur Hohenlinden avec 20 000 hommes. Au centre-droit, Baillet-Latour avance avec 10 800 hommes.

La bataille commence à 7 heures, quand l'avant-garde du général-major Löpper entre en contact avec la 108e brigade d'infanterie de ligne de la division Grouchy. La brigade se bat dans la forêt et tient bon ,jusqu'à l'arrivée d'un bataillon de grenadiers qui flanque les français les forçant à battre en retraite. Le 108e battant en retraite, Kollowrath exploite sa victoire et engage une brigade de bavarois ainsi qu'un second bataillon de grenadiers. Seulement, alors qu'ils sortent de la forêt, ils sont accueillis par Grouchy qui lance une contre-attaque d'infanterie et de cavalerie. Les troupes de Kolowrath sortaient de la forêt quand une unité de grenadiers fut écrasée par un régiment de chasseurs à cheval ( le 11e ); au même moment, une batterie d'artillerie autrichienne fut investie par un régiment de hussards ( le 4e ). Après avoir perdu deux "généraux" faits prisonniers, et cinq cannons, Kollowrath décide de suspendre provisoirement son avancée, attendant l'avancée de ses "collègues" Baillet-Latour, à sa droite, et Riesch, à sa gauche, pour le supporter. Inquiet de se savoir isolé sur sa gauche, il décide d'envoyer deux bataillons de grenadiers pour retrouver Riesch et sa colonne.

Sur la gauche française, ou la droite autrichienne, c'est Kienmayer qui bouscule les avant-postes de Grenier dans la ville d'Isen. Ces derniers ont exécuté une retraite prévue en direction de la ligne de défense de Grenier. La division gauche de  Kienmayer commandée par le prince von Schwarzenberg ( futur généralissime des armées alliées ) opère un mouvement descendant s'écrasant sur les divisions de Bastoul et Ney. Durant cette opération, un contingent autrichiens s'empare de la petite ville de Fostern, la ville ne sera reprise que par l'intervention de la cavalerie de réserve de d'Hautpoul. Des combats incessants prennent lieu dans les petits hameaux de Tading, Wetting, Kreiling, et Kronacker.

De son côté, Baillet-Latour est embourbé dan la neige et marche difficilement, en plus qu'il doit traverser les forêts à travers des entiers. Alors qu'il était dix heures, il était encore bien en arrière des combats. Baillet-Latour décide, lorsqu'il pouvait entendre les combats de Kienmayer et Kolowrath, de séparer une partie de ses forces. Il décide d'envoyer un bataillon d'infanterie et six escadrons de cavalerie vers Kienmayer, et un bataillon d'infanterie et quatre escadrons de cavalerie à la recherche de Kolowrath. Après s'être avancé sur Mittbach, il envoie deux bataillons d'infanterie et deux escadrons de cavalerie pour aider Schwarzenberg ainsi que trois bataillons et une batterie d'artillerie pour supporter Kolowrath. Il ne garde donc pour lui que trois bataillons d'infanterie et six escadrons de cavalerie.

La marche de Richepanse
La marche de Richepanse

Tout comme Baillet-Latour, Riesch a du mal à progresser, et est  loin derrière Kolowrath , atteignant Albaching à 9h30. Par conséquent, Richepanse, qui se trouvait face à Riesch, lui passe devant et affronte un détachement de grenadiers près de Saint-Christophe, qui tombent sur la colonne de marche de Richepanse. Ce dernier envoie une de ses brigades à travers le bois pour prendre à revers Riesch et ses troupes. Arrivé à Maitenbeth, Richepanse, aidé par les troupes de Decaen, engage ses troupes sur les arrières des autrichiens par le défilé de Maitenbeth. Les autrichiens sont bousculés mais ne réagissent pas au départ, jusqu'à ce que Moreau ordonne à Ney et Grouchy d'attaquer pour fixer les autrichiens de front et de flanc. Kolowrath et ses troupes sont débordées et se dispersent dans les forêts. 

Au même moment, les divisions Grenier, Bastoul, et Legrand sont attaquées par Kienmayer et Baillet-Latour et commencent à lâcher prise. Mais avec les victoires sur le flanc droit, avec Ney, la situation est rétablie et les trois divisions repartent à l'attaque et repoussent l'adversaire qui s'enfuit vers Isen dans le plus grand désordre. La bataille se termine donc par la déroute d'une partie de l'armée autrichienne.

Avec sa victoire contre l'Autriche, le premier consul Bonaparte se retrouve avec quasiment plus aucun adversaire de la Deuxième Coalition, ce qui sera confirmé deux mois plus tard avec le traité de Lunéville du 9 février 1801. Avec cette victoire, et le traité de Lunéville, l'Angleterre se retrouvera seul face à la France, mais plus pour longtemps, car le 2 mai 1802, la Paix d'Amiens est conclue, même si elle sera très éphémère. 

Moreau et Dessoles devant Hohenlinden
Moreau et Dessoles devant Hohenlinden

Pertes et forces en présence :

Autrichiens et bavarois : 4 600 morts ou blessés et 9 000 prisonniers sur    57 000 hommes

Français : 3 000 morts ou blessés sur 55 000 hommes

" Moreau ne connaissait pas le prix du temps ; il passait toujours le lendemain d'une bataille dans une fâcheuse indécision "

                    Napoléon à Sainte-Hélène